Une gastronomie accessible à tous

Isabelle Buesser-Waser – 20 juin 2024
A Anzère, la crêperie le Raccard a investi pour être entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. Face aux défis qu’affronte la branche actuellement, comment les restaurateurs peuvent-ils lui emboîter le pas et faciliter la vie de ceux qui ne peuvent plus compter sur leurs jambes? - Extrait de l'article qui sera publié dans le magazine du 27 juin 2024.

Début juin 2024, un communiqué de presse du Club en fauteuil roulant et Procap annonce des chiffres choc: «Selon les relevés d’accessibilité que Pro Infirmis et la Fondation Emera ont effectués dans le Valais romand, sur 880 restaurants, cafés et bars, dans plus de 28 destinations, communes et localités, on dénombre seulement 29 toilettes accessibles selon les normes en vigueur (3,3%), 196 partiellement accessibles (22,3%), et 655 totalement inaccessibles (74,4%).» Une réalité, qui s’inscrit dans un contexte difficile. «Cette publication n’avait pas pour objectif de blâmer les restaurateurs, mais de les rendre attentifs à la situation et de les inciter à adapter leurs établissements dans le cadre de leurs rénovations», explique Clorinde Dussex, architecte du Centre construire sans obstacle de Procap Valais romand. La loi sur les droits et l’inclusion des personnes en situation de handicap (LDIPH) est entrée en vigueur en 1993. Depuis, toutes les demandes d’autorisation de construire et de rénover doivent répondre aux exigences légales et satisfaire les exigences de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Le problème concerne donc les établissements construits avant 1993, mais aussi des restaurants plus récents pour plusieurs raisons: notamment par manque de connaissance ou parce que le permis d'habiter-exploiter a été délivré par les autorités compétentes alors que la norme SIA 500 n'était pas satisfaite. «Nous ne demandons pas aux restaurateurs d’investir uniquement pour cela, mais de prendre en compte ces normes lorsqu’ils entreprennent des petites rénovations qui ne nécessitent pas demandes d’autorisation de construire.»

Une question de proportionnalité
«On a un rôle à jouer en termes de communication. Ce n’était pas notre priorité ces derniers temps, mais nous allons informer nos membres sur les possibilités de financement», indique André Roduit, président de GastroValais. Toutefois, de nombreux restaurants disposent de sanitaires au sous-sol, difficilement accessibles. Cela est fréquent dans les centres historiques, où se trouvent beaucoup d’objets classés. «Dans certains cas, une mise aux normes complète est en effet impossible», confirme Clorinde Dussex. «Lorsque l’accès aux WC passe par un escalier étroit et que le local qui les héberge est exigu, ça implique parfois trop de travaux et le coût est énorme. Il s’agit donc d’appliquer le principe de proportionnalité.» Mais il est souvent possible d’améliorer les choses pour des personnes à mobilité réduite sans fauteuil roulant, ou qui ont la capacité de se lever pour effectuer quelques pas.

Lire la suite dans l'édition papier du 27 juin 2024