A Genève, Eduardo Leemann Sàrl gère cinq restaurants McDonald’s. Sa directrice des ressources humaines, Nabila Siquara, explique que même si l’offre est similaire dans tous les restaurants de la marque, chaque établissement peut se distinguer et s’adapter à son public cible. «Ça reste de la restauration rapide, mais chaque restaurant a une spécificité selon son emplacement. Certains ont une ambiance plus familiale, d’autres accueillent plutôt des personnes qui travaillent aux alentours ou attirent une clientèle plus jeune.» Au-delà du service rapide, l’enseigne souhaite se distinguer par une attention particulière portée à l’expérience client, la polyvalence de ses équipes et l’intégration de technologies numériques. La commande à table via l’application mobile, la présence d’un guest experience leader (n.d.l.r. responsable expérience client), ou l’autonomie dans certains choix logistiques viennent soutenir ce positionnement.
Pour tous les profils
Mais pour la relève, ce qui distingue l’enseigne de la plupart des entreprises — du secteur de la restauration ou non —, ce sont les opportunités de carrière. Celles-ci ne dépendent ni des diplômes ni du parcours initial. McDonald’s mise avant tout sur la motivation, l’engagement et le potentiel d’évolution. «On ne demande pas forcément de qualification. Ce qu’on apprend surtout, ce sont les règles d’hygiène et l’organisation pour travailler efficacement», précise Nabila Siquara. Ainsi, de nombreux collaborateurs commencent comme équipiers polyvalents avant de gravir les échelons. «On peut évoluer en crew trainer, puis guest experience leader, manager, premier assistant et même gérant.» La franchise valorise particulièrement la promotion interne. «C’est très rare qu’on engage via des annonces externes. Les gens formés chez nous connaissent déjà l’entreprise, le jargon et s’adaptent plus facilement.» Cette dynamique crée un fort esprit d’équipe et une culture d’entreprise solide.
Ainsi, toutes sortes de profils envisagent une carrière chez McDonald’s. «Un jeune qui étudiait à l’école de commerce et travaillait chez nous a notamment décidé de se réorienter et d’effectuer un apprentissage dans notre entreprise pour suivre l’exemple de son frère devenu manager. Beaucoup de jeunes mamans, à l’instar de Neuza, évoluent ici, car nous leur offrons des conditions qui leur permettent de concilier travail et vie de famille.»
Par ailleurs, certains diplômés choisissent aussi de poursuivre leur carrière dans cette structure plutôt que dans leur domaine initial. C’est le cas de Nabila elle-même: «J’ai fait mes études à l’école de commerce à 100% tout en travaillant le soir chez McDonald’s. J’ai obtenu mon diplôme, puis j’ai été repérée pour un poste d’assistante RH. Depuis, j’ai évolué jusqu’au poste de directrice RH.» Des personnes issues de l’hôtellerie choisissent également d’intégrer la franchise pour des raisons de stabilité, de flexibilité ou d’ambiance de travail. «Notre manutentionnaire a fait l’école hôtelière. Il était manager dans la restauration et avait de l’expérience avec les machines. Aujourd’hui, il s’occupe de l’entretien des équipements de tous nos établissements.»
Chacun peut donc trouver sa place chez McDonald’s Suisse, qu’il s’agisse d’un premier job, d’un tremplin ou d’un véritable projet de carrière. «Les profils qui montent les échelons ont le ketchup dans le sang», relève la directrice RH avec humour, soulignant la passion qui anime bon nombre de collaborateurs.
Evoluer en dehors de l’entreprise
Si McDonald’s peut offrir une trajectoire professionnelle complète, certains collaborateurs choisissent, à un moment donné, d’explorer d’autres horizons. Toutefois, la transition vers la restauration traditionnelle reste peu fréquente. «De ce que je vois, ceux qui restent dans la branche après leur départ vont plutôt vers d’autres restaurants de système. Mais souvent, ils reviennent car l’herbe est rarement plus verte ailleurs», constate Nabila Siquara.
Le chemin le plus courant est celui d’un changement de secteur. «Beaucoup partent pour aller dans la police. Ils apprécient nos collaborateurs parce qu’on est une école structurée et cadrée, très utile pour la formation de gendarme.» D’autres s’orientent également vers l’industrie. Certains collaborateurs ambitieux décident même d’ouvrir leur propre franchise. Cette voie représente une véritable reconnaissance du savoir-faire acquis au sein de l’enseigne. «Dans ce cas de figure, le but est souvent de partir d’un établissement puis d’en ouvrir d’autres. Quand McDonald’s Suisse crée un nouvel établissement, ils choisissent à qui le confier, et avoir une bonne structure, une communication solide et une gestion saine joue un rôle essentiel.»
Cette diversité de parcours enrichit les équipes. Elle prouve que l’expérience acquise dans la restauration rapide peut non seulement ouvrir des portes à l’interne, mais aussi constituer une base solide pour rebondir ailleurs — dans ou hors du monde de la gastronomie.
Ce que la restauration classique peut apprendre de la restauration rapide
• Recrutement: Miser sur la promotion interne plutôt que sur le recrutement externe pour les postes de cadre afin de renforcer la loyauté envers l’établissement.
• Ambiance de travail: Créer une ambiance familiale et conviviale bienveillante. Offrir des horaires flexibles pour mieux concilier vie privée et travail.
• Gestion des ressources et mutualisation: Centraliser certaines fonctions pour plusieurs points de vente et créer des postes transversaux. Réduire les coûts grâce à la mutualisation des achats
• Gestion globale: Structurer les parcours d’évolution avec des formations internes régulières et instaurer des rôles intermédiaires clairs qui permettent d’évoluer régulièrement. Utiliser des outils numériques adaptés aux habitudes des jeunes.