«Les collaborateurs satisfaits sont les meilleurs ambassadeurs», confirme Jörg Buckmann (55 ans), expert en marketing RH et propriétaire de Buckmann gewinnt. Diverses études montrent que les collaborateurs qui découvrent une entreprise grâce à des recommandations s’y intègrent mieux, s’adaptent plus rapidement et y restent plus longtemps. Ce passionné de marketing fait l’éloge du concept d’Elvetino: «Des collaborateurs sympas qui parlent de leur quotidien professionnel sur leurs propres réseaux sociaux, ça n’a pas de prix.» Car seuls les collaborateurs vraiment satisfaits sont prêts à le faire. La diffusion sur les pages et profils privés renforce la crédibilité et n’entraîne aucun coût publicitaire supplémentaire pour l’entreprise. L’idée est née après la crise du Covid-19, précise Daniela Corboz d’Elvetino. «Nous avons pu conserver tous nos collaborateurs, mais nous n’avons pas procédé à de nouveaux recrutements, car la situation restait tendue», explique la PDG. «Nous nous sommes demandé comment nous pouvions présenter de manière authentique ce que nous faisons dans le domaine de la restauration ferroviaire», poursuit-elle. Ils ont alors lancé un appel à l’interne pour trouver des collaborateurs qui souhaitaient présenter leur quotidien professionnel dans de courtes vidéos. «Un nombre étonnamment élevé de collaborateurs s’est alors manifesté», raconte-t-elle. Elvetino emploie 650 stewards et hôtesses de 70 nationalités différentes. Les vidéos soumises ont ensuite été diffusées en continu sur Instagram et Facebook, de manière ciblée, dans les régions où Elvetino recherchait des collaborateurs. C’est ainsi qu’est né ce nouvel outil de recrutement.
Mon quotidien au travail sur les réseaux
Parallèlement, sous le hashtag «#sbbrestaurant», les collaborateurs donnent un aperçu authentique et rafraîchissant de leur quotidien au travail. Ainsi, Gertrude, une collaboratrice, ne se contente pas de présenter le nouveau menu sur sa chaîne TikTok, elle l’accompagne également de ses pas de danse. «Originaire de Bienne, Gery s’est simplement lancée sur TikTok. Elle danse dans la voiture-restaurant, présente la carte et enthousiasme ainsi de nombreux jeunes», raconte Daniela Corboz. @speisewagenricci raconte également son quotidien professionnel sur son compte Instagram. Le profil montre de nombreux visages rayonnants en uniforme. Les vidéos sont ensuite partagées sur la chaîne officielle des CFF.
Une publicité parfaite pour l’entreprise
Le résultat est un mélange hétéroclite de différentes vidéos publiées sur des profils privés et officiels, qui ont toutes un point commun: elles montrent des collaborateurs qui prennent du plaisir au travail. Proches, authentiques, parfois drôles, parfois informatives et parfois très personnelles. A la question de savoir si Elvetino ne prend pas un certain risque avec ce type de communication, la PDG répond avec assurance et honnêteté: «Nos collaborateurs sont notre atout le plus précieux, et ils véhiculent chaque jour nos valeurs avec beaucoup de fierté et de passion.» Selon elle, ne pas exploiter cet enthousiasme pour sa propre publicité serait une occasion manquée. L’entreprise a toutefois briefé les collaborateurs intéressés à la production de contenu pour les réseaux sociaux à travers un coaching interne et leur a montré les points auxquels il faut prêter attention. «Bien entendu, nous respectons les droits personnels de nos clients, et nos collaborateurs savent que lorsqu’ils apparaissent avec des clients, ils doivent d’abord obtenir leur consentement», explique-t-elle. L’entreprise utilise également un canal Teams sur lequel sont publiés tous les posts des réseaux sociaux qui peuvent ensuite être partagés.
La confiance porte ses fruits
Les évaluations internes montrent que cette approche est la bonne. Le restaurant CFF affiche un taux de rotation très faible, de 15%. En moyenne, deux tiers des collaborateurs restent fidèles à l’entreprise pendant plus de cinq ans. C’est un chiffre impressionnant dans ce secteur en constante évolution. «Je pense que cela tient à l’ensemble des avantages offerts», explique Daniela Corboz. L’arrivée dans l’entreprise présente peu d’obstacles et les possibilités d’évolution personnelle sont nombreuses. «Environ 85% des quelque 650 employés n’ont pas de formation, mais ils ont une bonne attitude et sont orientés vers le service», explique-t-elle. «Nous ne sommes pas un restaurant étoilé, et ce n’est pas grave si un café est parfois servi par la gauche», déclare la CEO. L’important, c’est la bonne ambiance. Avec plus de 650 employés issus de plus de 70 pays, il y a beaucoup de personnalités différentes. Il y en a pour tous les goûts, des plus extravertis aux plus timides. «Nous portons tous le même uniforme, mais nous sommes néanmoins très différents. Et cela doit avoir sa place», estime Daniela Corboz. Le personnel de service des quelque 170 restaurants de train doit être bien organisé. «Nos collaborateurs sont responsables de l’ensemble du restaurant et de toutes les tâches qui s’y rapportent. Ils prennent les commandes, préparent les plats, assurent le service, vérifient les stocks et encaissent», explique-t-elle. Les collaborateurs sont le visage de l’entreprise à l’extérieur et sont très appréciés tant en interne qu’en externe. Cette appréciation est multipliée par la communication sur les réseaux sociaux.