Dans moins d'un mois, Karina Fruman passera aux choses sérieuses. Elle sera alors la première femme suisse à cuisiner à Marseille (F) pour tenter de qualifier la Suisse pour la finale mondiale du Bocuse d'Or 2027 à Lyon (F), le concours culinaire le plus prestigieux au monde.
Depuis sa victoire aux sélections suisses en juin 2025 à Vitznau (LU), la Soleuroise se prépare pour la finale européenne sur la Côte d'Azur. Pour cela, la cuisine d'entraînement, qui se trouvait à Schüpfen (BE) pour les deux dernières éditions du Bocuse d'Or, a été spécialement déplacée à Olten (SO), à proximité immédiate du domicile de Fruman. «Il y a cinq minutes à pied entre mon appartement et ici», explique la jeune femme de 26 ans en marge d'une journée d'entraînement la semaine dernière. D'un côté, c'est «cool», mais d'un autre, cela l'incite à passer encore plus de temps dans la cuisine que prévu.
Le temps, un adversaire redoutable
Et c'est exactement ce que fait cette cuisinière passionnée. «Je vis pratiquement ici en ce moment», avoue Karina Fruman. Deux à trois essais ont lieu chaque semaine, entre lesquels elle s'occupe avec son équipe de la mise en place et du débriefing. Mais cela en vaut la peine. «Nous avons déjà effectué six essais avec l'équipe et les processus sont désormais très bien rodés», se réjouit-elle. Jean-Michel Martin, le coach de l'équipe de cuisine, confirme cette impression. «Nous sommes sur la bonne voie. Il ne reste plus qu'à perfectionner les détails.»
Le plus grand défi? «Le temps», répond le coach sans hésiter. «Cinq heures et demie pour un menu et un plat, cela semble beaucoup, mais tout est calculé au plus juste et le programme est très serré. Il n'y a pas droit à l'erreur, sinon il est impossible de rattraper le temps perdu.»
Un coup d'œil dans la cuisine permet de comprendre ce que Jean-Michel Martin veut dire. Karina Fruman et son équipe travaillent avec concentration et précision, mais le temps manque jusqu'à la fin. Le service des assiettes et des plats est minuté, ce qui exige également une grande concentration et une grande précision. «Une fausse manœuvre pourrait, comme pour le menu, signifier la fin de l'aventure», explique le coach.
Grande impatience
En ce qui concerne le menu, celui-ci restera secret jusqu'au jour de la compétition afin d'éviter toute fuite d'informations à la concurrence internationale. Seuls les ingrédients que Karina Fruman et son équipe doivent utiliser dans le menu sont connus.
L'assiette doit être composée à parts égales de filet de bœuf et de seiche, accompagnés d'un aïoli qui doit être combiné avec un ingrédient typique du pays, et d'un élément végétalien. Le plat doit se composer de sept grondins entiers farcis avec les ingrédients obligatoires suivants: artichaut, pois chiche et oursin. Le pois chiche doit être complété par un ingrédient typique du pays.
Selon le coach, l'utilisation du grondin en combinaison avec l'oursin et un ingrédient typique du pays représente un véritable défi. «En raison de son arôme savoureux, le grondin est principalement utilisé dans la bouillabaisse et est rarement servi en filet. De plus, le filetage du poisson nécessite un peu d'entraînement en raison de son squelette solide.»
Mais cela ne préoccupe pas Karina Fruman. Elle se concentre sur la finale européenne qui se tiendra à Marseille à la mi-mars. «Je suis très impatiente. J'ai hâte de représenter la Suisse à Marseille et j'espère que mon menu me mènera à Lyon!» D'ici là, elle effectuera encore quelques essais, dix ou onze au total avant la finale.