«C'est tout simplement inconcevable. Une fois de plus, certains vignerons romands veulent entraver l'importation de vin», s'insurge Philipp Schwander, négociant en vins et premier «Master of Wine» de Suisse. Un tel contingentement existait jusqu'en 2001 dans toute la Suisse pour le vin blanc. Il serait réclamé par des vignerons qui ne parviennent pas à écouler leur production, selon Philipp Schwander.
La pomme de discorde est la «consultation relative à l’ordonnance sur la viticulture et l’importation de vin; répartition du contingent tarifaire pour le vin». Le Département fédéral de l'économie du conseiller fédéral Guy Parmelin prévoit de réattribuer les contingents tarifaires pour l'importation de vins. Ceux-ci seraient exclusivement réservés aux caves suisses. Le secteur de la restauration ne pourrait ainsi plus importer directement de vins étrangers.
L'Association suisse du commerce du vin, qui compte 250 membres (producteurs suisses, caves, grossistes, détaillants et importateurs), formule également des critiques dans une prise de position: «Les conséquences pour les consommateurs seraient considérables: outre des hausses de prix, il faut s'attendre à une réduction sensible de la diversité de l'offre. La réglementation proposée constitue un retour en arrière qui rappelle des régimes d’importation depuis longtemps dépassés.»
GastroSuisse rejette tout aussi fermement cette modification: «Le diagnostic est erroné. Le problème ne réside pas dans une pression excessive des importations sur la production locale, mais dans une évolution structurelle et générationnelle des habitudes de consommation, dans l’absence d’exportations et, en partie, dans le rapport qualité-prix.» Une restriction de l’accès aux contingents ne créera pas de nouveaux consommateurs pour le vin suisse. «Elle ne fait que renchérir le produit.» GastroSuisse demande que l’on renonce à la modification de l’ordonnance. Victor Ledermann, ancien journaliste spécialisé dans le vin, recueille des signatures dans une pétition en ligne sur www.openpetition.eu contre le projet de la Confédération. Elle peut encore être signée jusqu’au 15 juin.