Le secteur dit clairement non à l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!»

Oliver Borner – 03 juin 2026
Le 14 juin, les Suisses se prononceront sur l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!». Les présidents des principales associations de la restauration, de l'hôtellerie et du tourisme s'opposent clairement à cette initiative.
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Beat Imhof, président de GastroSuisse

«L'initiative de l'UDC <Pas de Suisse à 10 millions d'habitants> constitue, du point de vue du secteur de l'hôtellerie et de la restauration, une dangereuse erreur. Ce qui est présenté comme une politique de régulation engendre en réalité le chaos, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre tels que la restauration. La grande majorité des établissements emploient du personnel étranger. Sans cette main-d’œuvre, de nombreux restaurants et hôtels ne pourraient pas maintenir leur activité. Aujourd’hui déjà, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée oblige les établissements à réduire leurs horaires d’ouverture ou leurs offres.

Cette initiative met en péril la libre circulation des personnes avec l'UE et, par conséquent, l'ensemble de la voie bilatérale. Il en résultera une hausse significative des prix, davantage de bureaucratie, une insécurité juridique et une pénurie aiguë de main-d'œuvre. Ce n'est pas seulement le secteur de l'hôtellerie et de la restauration qui sera touché, mais aussi, par exemple, le secteur de la santé et l'agriculture. La population suisse vieillit à un rythme effréné. Dans les années à venir, le nombre de personnes quittant le marché du travail sera nettement supérieur à celui des jeunes qui y entreront. Sans immigration, les secteurs d'importance systémique ne fonctionneront plus comme d'habitude.

GastroSuisse prend au sérieux les préoccupations liées à l’immigration. Il est urgent d’agir. Depuis des années, notre branche investit dans la formation professionnelle, la promotion de la relève et l’amélioration des conditions de travail. Mais ces efforts ne suffisent pas à eux seuls à pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. A l’avenir aussi, une famille suisse doit pouvoir se permettre d’aller au restaurant. C’est pourquoi GastroSuisse dit clairement non à cette initiative du chaos.»

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Martin von Moos, président d'HotellerieSuisse

«L’«initiative du chaos» met en péril les fondements essentiels dont dépend le secteur de l’hébergement: un cadre réglementaire stable, une main-d’œuvre qualifiée en nombre suffisant et une offre attrayante pour les clients. Sans la libre circulation des personnes, la pénurie actuelle de main-d’œuvre qualifiée s’aggraverait encore davantage, en particulier dans les domaines opérationnels tels que la cuisine, le service, la réception ou l’entretien ménager. Aujourd’hui déjà, de nombreuses entreprises ont du mal à trouver suffisamment de collaborateurs qualifiés. Un accès restreint à la main-d'œuvre qualifiée aurait des répercussions directes sur les entreprises et, en fin de compte, sur les clients. Les petites et moyennes entreprises, en particulier, se retrouveraient de plus en plus sous pression. Cela pourrait entraîner une hausse des prix et une réduction de la diversité de l'offre. L'initiative ne résout ni la pénurie de main-d'œuvre qualifiée ni la question du logement. Au contraire, elle crée une incertitude supplémentaire pour les entreprises, les employés et les régions frontalières.

Le 14 juin, nous voterons sur ce projet. Des conditions-cadres essentielles pour le secteur suisse de l'hôtellerie-restauration sont en jeu. C'est pourquoi il est crucial que le plus grand nombre possible de personnes se rendent aux urnes pour rejeter cette initiative.»

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Reto Nause, président de la Fédération suisse du tourisme

«Cette initiative touche directement le secteur du tourisme – tant au niveau du personnel que de l'offre et, en fin de compte, de la demande. Ce que les auteurs qualifient d'initiative en faveur du développement durable est en réalité un projet de politique économique à haut risque. Cette initiative dite «du chaos» met en péril la voie bilatérale de la Suisse dans son ensemble. Elle réclame la dénonciation de l'accord sur la libre circulation des personnes et déclenche ainsi une réaction en chaîne dont les conséquences s'étendraient bien au-delà de la politique migratoire. Pour le tourisme, les répercussions seraient immédiatement perceptibles: la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, déjà aiguë, s'aggraverait encore davantage, l'offre et la qualité seraient mises sous pression et la réputation de la Suisse en tant que destination touristique ouverte, fiable et intégrée dans un réseau international s'en trouverait affaiblie. Le secteur du tourisme, plus que tout autre, dépend d'un personnel engagé, d'un réseau international et de conditions-cadres stables. La sécurité de planification et la fiabilité sont des conditions essentielles pour que la Suisse reste une destination touristique de premier plan.»