Traduction: Caroline Goldschmid
Au bord du Rhin, dans le cadre idyllique de la réserve naturelle de Thurauen, règne un air de vacances. C’est là que s’étend le camping TCS de Flaach (ZH), avec ses vastes prairies et petites forêts. Si les vignobles ne se dessinaient pas à l’horizon, on pourrait croire que ce paysage se trouve en Scandinavie. Et pourtant, le camping n’est situé qu’à 20 kilomètres de l’aéroport de Zurich.
La principale organisation de camping en Suisse
Des vacances dans la nature, à proximité et durables: voilà plus de 75 ans que ce concept fait partie intégrante de la philosophie du Touring Club Suisse (TCS), qui, avec désormais plus de 25 sites et quelque 300 hébergements de glamping, génère chaque année environ un million de nuitées.
Oliver Grützner (54 ans), CEO de TCS Camping depuis mai 2025, indique qu’environ 70% des clients de TCS Camping sont suisses, 14% viennent d’Allemagne, 8% des pays du Benelux, et le reste principalement du Royaume-Uni et de France. Fait marquant: le TCS bénéficie d’une forte proportion de clients fidèles. «Avec le glamping, nous visons une nouvelle clientèle», explique le CEO. Il évoque les campeurs traditionnels, qui viennent avec leur véhicule, et les campeurs occasionnels, qui se rendent dans un camping soit une fois par an, soit seulement tous les trois ans, et y louent alors un hébergement. Sur tous les sites, la saison s’étend du Jeudi saint à la mi-octobre.
Une restauratrice passionnée fait avancer le secteur
Nathalie Spring (42 ans) se joint à nous pour un entretien au restaurant Stäubis à Flaach. Depuis le 1er juillet 2026, elle occupe le poste de responsable de la restauration à Ostermundigen (BE). Mais cette restauratrice dans l’âme, qui a débuté sa carrière il y a 24 ans au Haeberli’s Schützenhaus à Münchenbuchsee (BE) par un apprentissage de serveuse et qui a obtenu les diplômes G1, G2 et G3, se rend souvent sur les différents sites. «Sur place, j’évalue les besoins et les attentes des établissements, je mets en place de nouveaux concepts et j’apporte mon aide et mes conseils, par exemple en ce qui concerne notre système de caisse Gastronovi.» Nathalie Spring sait de quoi elle parle. En tant que cheffe de projet «Gastronomie & Shop», elle s’occupe des concepts de restaurants et de magasins. Elle gère également les restaurants appartenant au TCS, tels que le Ristorante & Pizzeria Bella Riva dans la vallée de Maggia (TI), le Pier 11 à Soleure, le Seebistro au bord du lac de Thoune (BE), La Plage à Estavayer-le-Lac (FR) ou encore le Stäubis à Flaach (ZH).
Le glamping est également à la mode à Flaach, tout comme la restauration. C’est pourquoi Nathalie Spring a pris ses fonctions de responsable de la restauration le 1er juillet. Elle rend compte au CEO Oliver Grützner. (Photo: Daniel Winkler)
«La restauration est une activité où les volumes sont importants», explique Nathalie Spring. «Nous signons des contrats de gros avec les fournisseurs. Depuis cette année, c’est Pistor. Quant aux fruits et légumes, nous nous approvisionnons au niveau régional. A Estavayer, par exemple, nous nous approvisionnons en produits frais auprès de Culturefood à Fribourg.» Elle n’a pas bouleversé l’ensemble de l’offre gastronomique du TCS depuis son arrivée. «Beaucoup de choses fonctionnaient déjà bien. Mais les beignets de filets de perches n’avaient pas assez de panure. Nous sommes une douzaine de personnes, dont Oli Grützner, à avoir testé différentes recettes. Et pour les frites, nous avons opté pour les ‹Super Frites› de Kadi. Globalement, nous avons harmonisé l’offre dans les différents établissements.» Concrètement, dans les restaurants des campings du TCS, on trouve partout les mêmes falafels à la betterave, les mêmes frites, la même salade du camping ainsi que les nuggets de poulet à base de viande suisse. Les plats phare sont les croustillants de blanc de poulet, les croustillants de perches et les burgers, tous agrémentés d’ingrédients régionaux, comme d’autres variétés de fromages locaux. Le caractère régional est également une priorité pour les boissons, y compris la bière. «Mais celles-ci doivent, comme pour les vins, plaire au grand public. Un Primitivo, ça marche toujours», nuance Nathalie Spring. Les boissons non alcoolisées, le café et l’Aperol Spritz sont les plus commandés.
La gastronomie fait partie intégrante de l’expérience
Oliver Grützner souligne: «La restauration représente aujourd’hui un quart de notre chiffre d’affaires, mais elle est moins importante en termes de rentabilité. C’est un travail éreintant, mais qui nous tient beaucoup à cœur. C’est l’hébergement et la location de parcelles de terrain qui nous rapportent le plus d’argent.» Si le TCS gérait lui-même les restaurants, il pourrait réagir en cas d’éventuelles mauvaises évaluations. «Nous avons opté pour le poste nouvellement créé de Nathalie Spring, car l’activité de restauration, de par son ampleur, nécessite une gestion autonome», poursuit Oliver Grützner.
Par cette décision, TCS Camping souligne l’importance de ce secteur d’activité. Il faut toutefois que le bilan soit positif. «Les activités de camping sont regroupées au sein d’une société anonyme qui est une filiale appartenant à 100% au TCS. Nous sommes certes indépendants sur le plan financier, mais nous devons financer nous-mêmes nos investissements et donc dégager des bénéfices», précise le CEO.
La nécessité de générer des revenus pousse TCS Camping à se renouveler en permanence. «Trois grands projets sont prévus pour l’année prochaine», révèle-t-il. Au bord du lac de Neuchâtel, 34 hébergements sur pilotis viendront s’ajouter à l’offre. A l’automne, un nouveau camping est prévu dans le val Verzasca, tandis qu’à Flims (GR), 20 hébergements et l’aire de camping seront rénovés. Une chose est sûre: la restauration prend de plus en plus d’importance, même si elle n’est pas une source de rentabilité exceptionnelle.