Il est des histoires où tout se goupille parfaitement. C’est le cas de celle de Claryce Monnier (32 ans) et son compagnon Alexandre Lacoste (27 ans). Ils étaient tous deux employés par la Maison Décotterd, sur les hauts de Montreux, et rêvaient d’ouvrir leur propre restaurant. Au Moulin d’Assens (VD), les anciens propriétaires, Alain et Daniela Laval, cherchaient à remettre. Ils se souvenaient d’Alexandre, qui avait travaillé au restaurant en tant que cuisinier en 2019 – c’était son premier poste en Suisse – et contact a été pris en 2024 via la société qui a racheté l’établissement. «C’est vraiment l’humain qui a fait la différence: depuis notre première rencontre, en juin 2024, le contact a été facile avec Claryce et Alexandre et nous avons travaillé main dans la main», raconte Corinne von Känel Miranda, administratrice de la société propriétaire du Moulin d’Assens. Dans un premier temps, elle sera présente à l’accueil et au service en appoint, mais principalement active au niveau administratif. «D’ici trois à cinq ans, l’objectif est que Claryce et Alexandre deviennent les gérants», indique Corinne von Känel Miranda.
Un démarrage à trois en cuisine
«Cela n’a pas été facile de trouver un lieu ...», raconte Alexandre Lacoste. «Souvent, les restaurants qui sont à vendre pour cause de mise en faillite ou de départ à la retraite nécessitent de gros travaux de rafraîchissement et de mise aux normes. Dans d’autres cas, le prix de mise en vente était tout simplement trop élevé.» Claryce, qui rêvait d’être au bord de l’eau, est ravie de son nouveau lieu de travail: la rivière Le Talent passe juste derrière le bâtiment entouré de verdure. En cuisine, comment va fonctionner le couple qui s’est connu au Domaine de Châteauvieux? Claryce gère toute la partie chaude et Alexandre les entrées froides et la boulangerie-pâtisserie. Le couple est aidé d’une apprentie pâtissière. Ils démarrent donc à trois en cuisine, avec une plongeuse, mais ils sont confiants que leur parcours commun dans les maisons étoilées leur permettra de gérer ce nouveau défi haut la main, grâce aussi à l’expérience de gestionnaire de Corinne von Känel Miranda.
Qu’y aura-t-il dans les assiettes?
«Nous voulons proposer une cuisine de partage, une cuisine conviviale, tout en appliquant les techniques apprises au sein de restaurants étoilés», indique la cheffe. Les plats d’antan – non pas revisités, mais exécutés correctement – seront donc à la carte du Moulin d’Assens: bœuf Wellington, bœuf bourguignon, Hafechabis (ragoût de porc au chou) koulibiac de saumon, pièces entières à la broche avec une présentation en salle et une découpe en cuisine. Il faut dire que la cheminée-rôtissoire est la pièce maîtresse de la maison. «Il y en a très peu dans le canton et c’est ce qui a fait la renommée de l’établissement», précise Corinne von Känel Miranda. La carte est volontairement restreinte: trois entrées, trois plats, trois desserts. «Il vaut mieux la changer régulièrement et assurer qualitativement en cuisine», souligne Claryce. Les produits locaux et suisses seront privilégiés.
Table d’hôtes avec menu personnalisé
Parmi la clientèle visée, on trouvera des cadres d’entreprise qui y organiseront leur repas d’affaires, mais aussi des familles le dimanche midi. Les prix sont donc accessibles: le menu Dégustation (deux entrées, un plat, fromages, dessert) est proposé à 130 francs. Le petit plus? Une Table d’hôtes trône au centre de la salle, devant la fameuse cheminée-rôtissoire et peut accueillir entre 6 et 14 convives. «Lorsqu’ils réservent la Table d’hôtes, les clients peuvent demander un menu sur mesure, avec une pièce entière qui sera posée au centre de la table et on se sert, comme à la maison, afin d’avoir une ambiance conviviale.»
Claryce se sent-elle courageuse de se lancer, alors que le climat général est tendu, entre baisse de pouvoir d’achat et hausse des coûts? «Nous avons exprès misé sur une ouverture mi-janvier et espérons bénéficier de la curiosité des habitants de la région, maintenant que les fêtes sont loin derrière. Aussi, nous avons peu de concurrence, car les restaurants de la région sont soit haut de gamme, soit des auberges communales. Il n’y a pas d’équivalent dans l’offre que nous proposons. Nous sommes confiants et nous ne pensons pas au fait que cela puisse ne pas marcher!»
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Claryce est devenue maman le 9 mai 2025, d’une petite Anita. «Elle est arrivée plus vite que prévu! Nous devons pas mal jongler …» D’ailleurs, la cheffe reconnaît que concilier vie de jeunes parents et vie de restaurateurs sera son plus grand défi cette année. On leur souhaite plein succès!
50 couverts
Fermé depuis mars 2023, le Moulin d’Assens a rouvert ses portes le 14 janvier 2026, avec un trio à sa tête: Corinne von Känel Miranda, Claryce Monnier et Alexandre Lacoste. Le restaurant est ouvert du mercredi au samedi, midi et soir, et le dimanche midi. Il emploie quatre personnes en cuisine et deux personnes en salle pour servir 50 couverts. Les deux chambres à l’étage ainsi que la terrasse seront inaugurées au printemps.