Traduction: Caroline Goldschmid
Le Bad Bubendorf est considéré, bien au-delà des frontières cantonales, comme la structure de formation par excellence. Combien d’apprentis employez-vous actuellement?
Martin Sonderegger: Au total, notre entreprise compte actuellement 17 apprentis. Nous nous efforçons d’accueillir un apprenti par année d’apprentissage et par filière.
Combien de candidatures l’entreprise reçoit-elle chaque année?
Cela varie d’une filière à l’autre. Nous formons des apprentis dans quatre filières: communication hôtelière, gestion domestique, cuisine et service. Ces dernières années, l’intérêt pour la filière communication hôtelière a littéralement explosé. Nous recevons chaque année au moins 40 à 45 candidatures pour ces places d’apprentissage. Dans le service, on en compte entre 10 et 15, et en cuisine, entre 15 et 20. C’est plus difficile dans le domaine de la gestion domestique, mais nous enregistrons tout de même une dizaine de candidatures par an.
Waouh! Ça te permet pratiquement de choisir tes élèves.
C’est vrai, en effet. Et c’est d’ailleurs ce que nous faisons.
Dis-nous en plus!
En règle générale, nous invitons toutes les personnes qui postulent pour une place d’apprentissage à participer à une journée d’essai. Cela nous permet de déterminer qui est réellement intéressé par le poste et qui est simplement venu pour satisfaire une obligation scolaire. Les candidats que nous jugeons aptes doivent postuler à nouveau auprès de nous et sont ensuite invités à un deuxième entretien, au cours duquel ils découvrent plus en détail le métier en question.
Que dire des apprentis actuellement en formation dans ton entreprise?
Ils sont très motivés. La grande majorité d’entre eux savent dès le départ à quoi s’attendre. Ils sont conscients qu’ils devront travailler le soir et le week-end, et que le travail est parfois pénible. Les apprentis prennent plaisir à travailler et ils me le font savoir.
Tu reçois régulièrement des retours?
En effet, oui. Que ce soient des retours positifs ou négatifs, ainsi que des suggestions d’amélioration. La génération actuelle ne reste pas les bras croisés, mais pose des questions quand quelque chose n’est pas clair, remet en question les décisions et apporte en même temps des idées. Je trouve cela très intéressant et enrichissant.
Que penses-tu du préjugé selon lequel la génération Z serait paresseuse?
C’est complètement absurde, du moins dans l’hôtellerie-restauration. Car, comme je l’ai déjà mentionné, les jeunes savent à quoi s’attendre lorsqu’ils entament un apprentissage dans ce secteur. Ils veulent travailler et réussir. Ils sont tout simplement différents des générations précédentes.
Cest-à-dire?
Ils apportent du dynamisme à l’entreprise. Ils sont ouverts sur le monde et disposent d’un bon réseau. Ils sont ainsi toujours au courant de ce qui se passe dans d’autres entreprises ou de la manière dont celles-ci fonctionnent. Ils viennent régulièrement me voir avec des idées pour optimiser nos processus ou essayer de nouvelles choses. L’année dernière, par exemple, ils ont participé à l’élaboration de la nouvelle carte du restaurant du jardin. Cela apporte sans cesse un nouvel élan et aide l’établissement à se développer sur le long terme.
Le tableau de vos places d’apprentissage est impressionnant. Toutes les places sont déjà pourvues depuis le début de l’année 2026; celles et ceux qui souhaitent effectuer un apprentissage chez vous pourront postuler à nouveau en 2027. Comment faites-vous pour que toutes les places d’apprentissage soient toujours pourvues aussi tôt?
Cela s’explique par deux facteurs. Premièrement, on constate une diminution constante du nombre d’entreprises formatrices, tant au niveau national que dans le canton de Bâle-Campagne. Deuxièmement, la philosophie de Balance Familie repose sur la volonté de former des jeunes, une mission qu’elle mène avec passion. Au total, l’entreprise forme chaque année 70 apprentis sur six sites.
Comment faites-vous pour recruter des apprentis, malgré l’intérêt déjà important que suscite votre entreprise?
Bad Bubendorf, qui fait partie du groupe Balance Familie, participe chaque année au grand salon de l’apprentissage à Bâle. Nous y présentons nos métiers et expliquons les parcours professionnels possibles au sein de l’entreprise. De plus, nous offrons à ceux qui ne trouvent pas de place d’apprentissage chez nous la possibilité d’en trouver une dans une autre entreprise du groupe Balance.
Dans quelle mesure des campagnes telles qu’«Avanti!», «Talent Table» et «Gastrofond» vous aident-elles, vous et le secteur, à trouver des apprentis?
Ces campagnes jouent un rôle essentiel dans le recrutement des apprentis. Elles mettent ces métiers en avant et leur donnent de la visibilité. En même temps, elles constituent un signal fort pour ceux qui travaillent déjà dans ce secteur. Elles leur permettent d’exprimer leur fierté professionnelle et de la transmettre aux apprentis.
Qu’est-ce qui rend ton entreprise attrayante pour les apprentis?
Nous sommes situés dans la périphérie de Bâle, ce qui est particulièrement intéressant pour ceux qui ne souhaitent pas effectuer leur apprentissage en ville. L’entreprise est très bien desservie par les transports en commun. Les apprentis sont ainsi très mobiles et n’ont pas besoin de voiture pour venir travailler chez nous. De plus, nous comptons de nombreux jeunes cadres au sein de l’entreprise. La différence d’âge avec les apprentis n’est donc pas trop importante, ce qui rend les cadres plus accessibles.
La recherche d’apprentis ne vous pose pas de problème. Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontés en tant qu’entreprise dans vos relations avec les apprentis?
Le début d’un apprentissage est toujours difficile. Les apprentis arrivent tout droit de l’école et doivent d’abord s’habituer à l’entreprise. Je dis toujours qu’ils apprennent chez nous à marcher pour la vie. Par ailleurs, les parents constituent un défi de plus en plus grand. Beaucoup souhaitent protéger leur enfant pendant l’apprentissage, parfois à juste titre. Il s’agit notamment des horaires de travail, de la charge de travail ou de questions scolaires. Cela nécessite sans cesse des discussions pour clarifier les choses.
Soutiens: «Avanti!» et «Talent Table»
• Avec l’initiative «Avanti!», GastroSuisse vise à améliorer l’image du secteur de la restauration auprès du grand public depuis 2024.
• La campagne «Talent Table» en est un élément essentiel. Elle permet aux entreprises de vérifier leur visibilité en ligne auprès des apprentis potentiels. Pour cela, elles remplissent un questionnaire gratuit, reçoivent ensuite un score, puis, par le biais d’une newsletter, des conseils pratiques pour rendre leur entreprise plus attractive et la développer.
• «Avanti!» et «Talent Table» bénéficient toutes deux du soutien financier du fonds Pro Gastro de Feldschlösschen, créé en 2025. Ce fonds contribue au financement de projets visant à promouvoir la relève dans le secteur de la restauration. Les fonds proviennent des ventes de la nouvelle bière «Helvetic» dans la restauration et le commerce de détail.