Alois Gmür: «Il doit y avoir une solution pour tous les concernés»

Reto E. Wild – 08 avril 2021
Des centaines de milliers de salariés et d’entrepreneurs subissent les conséquences des mesures contre le Covid et attendent des aides. Une injustice qui ne doit pas se répéter à l’avenir. C’est pourquoi GastroSuisse lance l’initiative «Une indemnisation adéquate en cas de pandémie». Elle est soutenue par le conseiller national Alois Gmür. Interview.

En tant que président de l’Association suisse des distributeurs de boissons et président du Groupe parlementaire de l’hôtellerie, pourquoi soutenez-vous l’initiative?
La politique et notre législation n’étaient pas préparées à cette pandémie. La loi définit ce qui doit être fait pour la santé, et selon la Loi sur les épidémies, il est permis de fermer des secteurs entiers. Mais les conséquences économiques ne sont pas prises en compte. Le résultat est que nous avons sombré dans la crise sans aucune préparation et que le Parlement a dû créer la Loi Covid-19 dans l’urgence. A l’avenir, le dédommagement doit être clair et équitable.

Que va-t-il se passer maintenant? Le texte de l’initiative devrait être prêt en novembre ...
Oui, le texte sera certainement terminé d’ici à l’automne voire la fin de l’automne. Il s’agit maintenant de rallier d’autres associations et secteurs à l’initiative de GastroSuisse, comme HotellerieSuisse, Swiss Retail (l’association des commerces de détail), l’industrie du voyage et le secteur des installations sportives. Une solution doit être trouvée pour toutes les personnes concernées et pas «seulement» pour l’hôtellerie-restauration. Il y a beaucoup de travail à faire, GastroSuisse en tête, étant particulièrement mise à l’épreuve.

Vous êtes vous-même membre de GastroSuisse. Certains membres estiment que cette initiative n’est pas utile ...
Avec cette initiative, nous faisons pression de manière publique et montrons qu’il n’est pas acceptable que certains cantons ne versent toujours pas d’aides pour cas de rigueur, que d’autres n’en versent pas suffisamment et que d’autres encore en versent trop pour certaines entreprises. L’ensemble du processus de dédommagement, qui passe par les cantons, est un monstre bureaucratique. J’ose espérer que les responsables vont enfin entendre raison.

A qui pensez-vous en disant cela?
La Confédération a maintenant alloué environ 30 milliards de francs. L’argent est donc disponible, mais il est bloqué dans un entonnoir qui est bouché; les entreprises ne peuvent pas accéder à l’argent. Je suis régulièrement contacté par des entreprises – des clients de longue date de ma brasserie –, qui sont en grande difficulté et me demandent si nous pouvons les aider financièrement à court terme. Ils ne sont pas en mesure de payer leurs charges fixes. Nous devons en tirer des leçons. Est-il juste que les cantons soient impliqués dans l’aide pour les cas de rigueur, ou serait-il préférable que la Confédération établisse des directives claires? Il n’est pas possible que chaque canton doive faire sa propre cuisine interne.

Les tests étant plus nombreux, le nombre de cas augmente également. Votre collègue de parti, le chef du Département de la santé du canton de Bâle-Ville, Lukas Engelberger, demande que l’on accorde moins d’attention à ces chiffres et que l’on assouplisse les mesures. La gauche, elle, estime qu’il ne faut pas compromettre ce qui a été accompli jusqu’ici. Qu’attendez-vous du Conseil fédéral le 14 avril?
J’ai toujours plaidé pour une réouverture des restaurants et j’ai souhaité que les établissements puissent à nouveau travailler dès le 22 mars. J’espère que le Conseil fédéral se résoudra à tout rouvrir le 1er mai, dans le respect des concepts de protection bien sûr. Il n’est toujours pas prouvé que les personnes sont infectées dans les restaurants. Je suis optimiste quant à la décision du Conseil fédéral dans ce sens, car la vaccination progresse et la charge dans les hôpitaux diminue.