Lors du Congrès des membres, qui se tient tous les deux ans, une large majorité des membres de Slow Food Suisse a suivi la recommandation du Comité. «Dominique Barjolle, agronome originaire de Suisse romande, et Muriel Fischer, originaire de Suisse alémanique, se complètent parfaitement par leur parcours professionnel, leur expertise, leur réseau et leur personnalité», indique le communiqué de Slow Food.
Détentrice d'un master à l'université Slow Food de Bra (Italie) en sciences politiques, cheffe de projet dans le domaine des systèmes alimentaires durables et codirectrice de GastroFutura, Muriel Fischer ser réjouit de son élection. «Je suis convaincue que Slow Food est plus nécessaire que jamais aujourd’hui – en tant que voix forte et mouvement dynamique en faveur d’un meilleur système alimentaire. Tant dans le débat public que, très concrètement, pour tous ceux qui s’engagent en faveur de solutions bonnes, propres et justes. Je me réjouis beaucoup d’assumer cette tâche aux côtés de Dominique Barjolle et de perpétuer le formidable héritage de Toya Bezzola et Laura Rod. Car pour moi, l’alimentation est bien plus qu’une simple question de nutrition: l’alimentation est politique, c’est un patrimoine culturel important, un plaisir et une joie de vivre. Et c’est précisément cette force positive et fédératrice que nous voulons transmettre à l’avenir avec le mouvement Slow Food», souligne-t-elle.
Dominique Barjolle, agronome-économiste, chargée de cours et chercheuse dans les domaines de la sécurité alimentaire à l'ETH et des systèmes alimentaires durables (à l'Université de Lausanne), ajoute: « Slow Food, c'est bien plus qu'un mouvement pour moi: c'est la traduction concrète de ce que je défends depuis plus de 30 ans dans mes recherches et mon enseignement à l'ETH Zurich et à Lausanne. Une agriculture qui honore la qualité, respecte la nature et reconnaît celles et ceux qui nourrissent nos territoires — c'est exactement le fil rouge de ma vie professionnelle. En prenant la Co-présidence aux côtés de Muriel, je veux mettre cette énergie au service du mouvement entier: le comité, l'équipe, les conviviums et leur conseil, les producteurs de l'Arche du Goût, et tous ceux qui font vivre Slow Food Suisse au quotidien. Dans un contexte où nos systèmes alimentaires sont sous pression, donner de l'élan à Slow Food n'est pas une option, c'est une urgence joyeuse. Ensemble, faisons une place toujours plus grande à une alimentation qui respecte la planète, valorise les producteurs… et réjouit nos papilles.»
Le Congrès des membres avait pour thème «Le mouvement Slow Food: hier, aujourd’hui et demain». Il y a 40 ans, Carlo Petrini, récemment décédé, a fondé ce mouvement citoyen qui œuvre aujourd’hui dans 160 pays en faveur d’une alimentation bonne, propre et juste. Le congrès a été l’occasion de rendre hommage à Carlo Petrini. Malgré cette triste perte, l’événement s’est déroulé dans une atmosphère positive, marquée par des échanges animés et ouverts. Les deux coprésidentes sortantes, Laura Rod et Toya Bezzola, qui ont quitté leurs fonctions après deux mandats, ont été saluées par une ovation debout et une grande reconnaissance pour leur engagement exceptionnel et couronné de succès. «Ces quatre dernières années ont montré ce qu’il est possible de réaliser lorsque des personnes travaillent ensemble à la réalisation d’une vision commune. Nous avons aujourd’hui le plaisir de transmettre un mouvement dynamique, composé de membres engagés, de collaborateurs motivés et offrant un grand potentiel pour l’avenir. Nous sommes impatients de voir comment Slow Food Suisse continuera à se développer sur ces bases et contribuera à la transformation de notre système alimentaire», déclare Toya Bezzola.