«Les établissements publics ne sont pas uniquement des lieux de consommation. Ils sont des lieux où une société continue à se rencontrer, à se reconnaître et à exister», déclare André Roduit, président de GastroValais, citant plusieurs ouvrages sur l’importance des restaurants de villages. Dans son discours de bienvenue, le président de l’association cantonale fraîchement réélu pour un mandat de deux ans revient sur plusieurs problématiques actuelles. Outre la disparition des établissements dans les zones rurales et la volonté de collaborer avec les communes pour renverser la situation, GastroValais s’engage sur le plan politique pour défendre les intérêts du secteur, d’une part sur le salaire minimum et d’autre part sur l’initiative foie gras désignée comme «une attaque au röstigraben» par André Roduit.
Un travail de fond sur la relève
C’est avec beaucoup de fierté que Stève Delasoie, directeur de GastroValais, annonce des chiffres encourageants pour la la relève de l’hôtellerie-restauration. En effet, la formation enregistre une hausse de 19,6% d’apprentis en première année. Une belle progression, qui reflète le travail de fond de l’association cantonale sur l’image de la branche. Ces dernières années, GastroValais s’est donné les moyens de changer les regards sur les métiers de la gastronomie sur plusieurs fronts. Alors qu’une campagne diffusée sur les écrans de cinémas, les transports publics, les réseaux sociaux et les panneaux d’affichage s’attaquait au grand public et aux prescripteurs, un manga à destination des préadolescents et adolescents, développé en collaboration avec une école d’art, avait pour objectif de susciter des vocations chez les futurs apprentis. Aujourd’hui, les fruits de ce travail de fond sont visibles, mais il s’agit maintenant de conserver ces jeunes dans le secteur. «L’analyse des parcours montre que la période la plus sensible se situe entre la première et la deuxième année de formation.» C’est pourquoi GastroValais travaille à renforcer l’accompagnement des apprentis et à valoriser les parcours AFP.
«Maintenant que nous avons touché le grand public et les jeunes du cycle d’orientation, nous allons essayer d’atteindre les jeunes enfants», annonce le directeur. Fidèle à son dynamisme, la section cantonale a développé un outil permettant de créer un sentiment de sympathie pour les métiers de la branche chez les enfants grâce à des coloriages qui prennent vie.
Stève Delasoie a terminé sa présentation sur la modernisation de la branche. Il a notamment mentionné la mise en place d’un chatbot permettant aux membres d’obtenir du soutien à tout moment et le développement d’une application, qui fait suite à une demande du groupe jeune de la section cantonale. Il a finalement de présenté plusieurs exemples d’utilisation de l’intelligence artificielle dans des projets concrets comme le recrutement de personnel.
Collaborer pour mieux avancer
Suite au rapport du directeur, plusieurs personnalités ont pris la parole afin de montrer leur soutien à tous les acteurs de la branche. Christophe Darbellay, président du gouvernement valaisan, est notamment revenu sur le drame de Cran Montana et sur les mesures de sécurité qui ont été mise en place depuis ainsi que sur le rôle clé de la branche dans la formation. Beat Imhof, président de GastroSuisse, a, quant à lui, partagé avec l’assemblée sa citation préférée dans un français presque parfait: «La gastronomie est l’antithèse des réseaux sociaux. Elle crée des rencontres, des véritables échanges loin de la bulle et des likes.»