La durabilité comme avantage concurrentiel

Nicole Steffen – 24 février 2026
Pour que les PME puissent tirer parti de la durabilité comme avantage concurrentiel, elles doivent connaître le marché, ses opportunités et ses risques. Fabio Gfeller et Martin Kathriner ont donné aux quelque 30 participants à l'atelier des conseils pratiques et des outils utiles qui s'est tenu le 17 février dernier à Berne. Extraits.

Le Réseau suisse et liechtensteinois du Pacte mondial des Nations Unies soutient ses membres depuis plus de 10 ans dans leur processus de transformation vers la durabilité. «En 2026, la durabilité sera marquée par une réglementation en mutation et des attentes plus élevées en matière de crédibilité, d'importance et d'impact», explique Fabio Gfeller, responsable de programme et conseiller au Réseau suisse et liechtensteinois du Pacte mondial des Nations Unies. 

Selon Fabio Gfeller, il s'agit là d'une évolution à la fois stimulante et prometteuse, en particulier pour les PME. Martin Kathriner, expert en stratégie, communication et développement durable, explique comment les entreprises peuvent tirer parti du développement durable pour en faire un avantage concurrentiel. 

La durabilité doit être rentable

L'expert recommande: les entreprises devraient systématiquement envisager la durabilité sous l'angle du marché. Il est important de connaître les forces présentes sur son propre marché et de réfléchir à la manière dont elles peuvent être mises à profit pour assurer la durabilité. Dans un deuxième temps, les entreprises doivent réfléchir aux thèmes les plus importants et définir leurs priorités en fonction de ceux-ci. 

Dans un troisième temps, la vision et la stratégie seront définies sur la base de ces priorités. En tant qu'économiste, il s'intéresse avant tout au résultat final. L'expert en est convaincu: «Si la durabilité est également rentable sur le plan économique, le sujet aura plus d'impact tant en interne qu'en externe.» 

Réduire la complexité

Selon un sondage réalisé auprès de ses membres par le réseau professionnel, environ 80 % des CEO voient aujourd'hui l'intérêt commercial, mais ne savent pas vraiment par où commencer. «Le concept de double matérialité permet d'identifier les domaines d'impact internes et externes et d'évaluer leur pertinence», explique Fabio Gfeller. Lors de l'analyse, les thèmes sont classés dans une matrice en fonction de leur impact sur l'entreprise (opportunités et risques pour l'entreprise) et de leur impact sur la société et l'environnement.

A l'aide du Golden Circle de Simon Sinek, les entreprises peuvent également déterminer le «pourquoi», le «comment» et le «quoi». Le «pourquoi» correspond à la vision qui sous-tend la durabilité. Il s'agit ici de trouver une raison émotionnelle pour laquelle une entreprise devrait s'engager en faveur de la durabilité. Le «comment» consiste à définir et à hiérarchiser les domaines stratégiques prioritaires. Le «quoi» se concentre quant à lui sur les mesures efficaces. La communication se fait toujours de l'intérieur (raison émotionnelle) vers l'extérieur.