Le sketch de Coluche intitulé «L’administration» et diffusé en guise d’ouverture a donné le ton. «On oscille souvent entre rires et larmes», a lancé Gilles Meystre. «Rires, parce qu’ils sont évidemment le sel de la vie, et larmes face à l’énormité de certaines décisions. Mais derrière les gags de Coluche, il y a à la fois une vérité et une immense erreur. La vérité, c’est la lenteur des décisions. L’immense erreur, c’est de croire l’administration inactive. Car les administrations n’ont de loin pas les mains cousues au pantalon! Au contraire, elles sont gravement atteintes d’hyperactivité, d’une frénésie réglementaire qui les caractérise à tous les échelons. Alors, en guise d’introduction et comme motto pour ces assises, à la veille des prochaines élections cantonales, permettez-moi de lancer un appel aux politiques. Mesdames et Messieurs, chacune de vos décisions, chacune de vos motions, chaque loi et règlement que vous édictez impactent nos commerces et notre quotidien. Puissiez-vous donc laisser un peu de place au bon sens. Puissiez-vous éviter la confrontation du pot de terre – nous – et du pot de fer – vous. Puissiez-vous penser à éviter de gonfler vos effectifs en spécialistes et en juristes de tout poil. Ceux qui suivront cette ligne lors des prochaines élections bénéficieront de notre soutien et de notre parfaite considération!»
Salaire minimum, danger maximum
Dans son discours, la conseillère d’Etat Isabelle Moret a notamment rappelé les enjeux des prochaines votations et a encouragé l’assemblée à voter en faveur du contre-projet proposé par le Conseil d’Etat quant aux salaires minimaux. «Le débat a changé: la question n’est pas de savoir si un salaire minimum verra le jour. La question est quelle forme il prendra», a déclaré la cheffe du Département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine. «Sur ce point, le projet du Conseil d’Etat et du Grand Conseil est une solution de responsabilité, car il part du terrain et tient compte de la réalité de vos métiers. Il fait le choix de la subsidiarité, celui du pragmatisme.»
Le président de GastroVaud et vice-président de GastroSuisse a également souligné l’importance des enjeux du salaire minimum cantonal, soumis en votation le 14 juin prochain. «Salaire minimum égal danger maximum! Ces votations sont cruciales, car elles opposent deux visions: d’un côté les salaires fixés par l’Etat et inscrits dans les lois, de l’autre, la vision qui fait l’ADN et la paix sociale de notre pays, à savoir des salaires négociés entre partenaires sociaux et sans intervention de l’Etat.» Gilles Meystre a incité ses membres à voter «Non au SMIC», puisque les dégâts pour la restauration seraient nombreux en cas de «Oui»: pertes économiques pour les régions touristiques, augmentation des prix d’environ 10%, mort des pintes villageoises, horaires d’ouverture réduits et croissance des temps partiels.
Des airs de carte postale
C’est Stéphane Montangero, président du Grand Conseil vaudois, qui a eu le mot de la fin: «Que vous le vouliez ou non, GastroVaud est au cœur de quasi tous les grands sujets de société: manger local, la nationalité des employés, la défense des produits régionaux, le 0,5 pour mille, l’entreprenariat, le système d’apprentissage, le foie gras, l’insertion des réfugiés, le salaire minimum, les commentaires sur les réseaux sociaux, le tourisme en ville, la question de l’imposition des pourboires, le vivre ensemble …»
Les quelque 230 participants ont ensuite profité d’une météo estivale en dégustant des délices liquides et solides du terroir vaudois, le tout accompagné par des sons on ne peut plus traditionnels tels que le cor des Alpes et les sonneurs de cloche.